Gestion BTP · Exemple DPGF

Exemple de DPGF commenté : structure, colonnes et calculs

Un exemple de DPGF montre concrètement comment une décomposition du prix global et forfaitaire s'organise : une arborescence de chapitres, une ligne par ouvrage, une unité, une quantité, un prix unitaire et un prix total, puis des sous-totaux et un total général repris dans l'acte d'engagement.

Rien ne remplace un document rempli pour comprendre ce qu'attend un maître d'œuvre. Voici donc un exemple de DPGF sur un lot courant, suivi du commentaire de chaque colonne et des erreurs que l'on y rencontre le plus souvent.

Les colonnes attendues

Une DPGF tient en six colonnes utiles. Toute colonne supplémentaire doit servir à quelque chose, sinon elle alourdit la lecture sans rien apporter.

  • Repère : numérotation en arborescence, calée sur le cahier des clauses techniques.
  • Désignation : libellé de l'ouvrage, repris du descriptif.
  • Unité : mètre carré, mètre linéaire, unité, forfait, kilogramme.
  • Quantité : estimée par l'acheteur ou calculée par l'entreprise.
  • Prix unitaire hors taxes : prix de vente de l'unité d'ouvrage.
  • Prix total hors taxes : produit de la quantité par le prix unitaire.

Exemple de DPGF sur un lot peinture

L'exemple ci-dessous porte sur la rénovation intérieure d'un logement. Les montants sont illustratifs et ne constituent pas une référence de prix.

RepèreDésignationUnitéQuantitéPrix unitaire HTPrix total HT
1Installation et préparation1 150,00
1.1Installation de chantier et protectionsForfait1650,00650,00
1.2Protection des sols et des menuiseriesm21005,00500,00
2Travaux préparatoires2 220,00
2.1Rebouchage et ponçage des mursm22406,501 560,00
2.2Impression sur supports neufsm21205,50660,00
3Peinture4 980,00
3.1Peinture murs, deux couchesm224014,003 360,00
3.2Peinture plafonds, deux couchesm29016,001 440,00
3.3Laque sur menuiseries boisU630,00180,00
4Repli et nettoyage450,00
4.1Nettoyage de fin de chantier et repliForfait1450,00450,00
Total hors taxes du lot8 800,00

Trois choses méritent d'être relevées dans cet exemple. Les chapitres portent des sous-totaux, ce qui permet au maître d'œuvre de comparer lot par lot. L'installation et le repli sont chiffrés séparément, et non noyés dans les prix unitaires. Enfin, aucune ligne n'est à zéro.

À retenir : une ligne à zéro euro est interprétée soit comme une prestation offerte, soit comme un oubli. Dans les deux cas, elle affaiblit l'offre. Lorsqu'une prestation est réellement comprise ailleurs, mieux vaut l'écrire explicitement plutôt que de laisser une case vide.

Le commentaire ligne par ligne

Chaque chapitre répond à une logique précise, et c'est cette logique que l'analyste de l'offre vérifie.

  • L'installation couvre ce qui est nécessaire avant de produire : accès, protections, stockage. Elle se facture souvent intégralement dès la première situation.
  • Les travaux préparatoires représentent la part la plus incertaine du chiffrage, parce qu'ils dépendent de l'état réel des supports.
  • Les ouvrages principaux se chiffrent au déboursé, avec un temps unitaire issu de la bibliothèque de prix de l'entreprise.
  • Le repli et le nettoyage se facturent en fin de chantier, ce qui justifie de les isoler.

Cette séparation facilite ensuite le suivi de l'avancement. Un poste d'installation réalisé à 100 pour cent dès le premier mois se déclare sans ambiguïté, ce qui n'est pas le cas lorsqu'il est dilué dans les prix unitaires.

Exemple de DPGF construit depuis la bibliothèque d'ouvrages BTP PERF
Un exemple de DPGF produit depuis BTP PERF, exportable au format attendu par le maître d'œuvre.

Les erreurs fréquentes dans un exemple réel

  • Des sous-totaux calculés à la main, qui ne correspondent plus après une modification.
  • Des unités incohérentes entre le descriptif et la décomposition.
  • Des quantités reprises sans contrôle, alors qu'un métré rapide révélait l'écart.
  • Une arborescence différente de celle du cahier des clauses techniques, qui complique l'analyse.
  • Des prix unitaires arrondis pour tomber sur un total rond, au détriment de la cohérence.
  • Un fichier verrouillé ou modifié dans sa structure, alors que la trame était imposée.

Le dernier point peut rendre une offre irrégulière. Lorsque l'acheteur fournit un tableur, il doit être complété tel quel, sans ajout ni suppression de ligne.

Tableur ou logiciel de chiffrage

Un tableur convient parfaitement pour une DPGF courte. Au-delà de quelques dizaines de lignes, il devient fragile : formules écrasées, lignes insérées sans mise à jour des sous-totaux, versions multiples qui circulent par courriel.

Un logiciel de chiffrage apporte trois choses : une bibliothèque d'ouvrages qui alimente les prix unitaires, une structure qui se recalcule seule, et surtout la reprise automatique de la décomposition dans les situations de travaux une fois le marché signé.

La méthode complète figure sur notre page DPGF, la signification du sigle sur la page DPGF définition, et le cadre général du chiffrage sur la page devis BTP. Une fiche de référence précise la portée contractuelle du document.

Adapter l'exemple à votre propre lot

L'exemple ci-dessus porte sur un lot peinture, mais la logique se transpose à n'importe quel corps d'état. Quatre principes la rendent réutilisable.

D'abord, l'arborescence suit toujours l'ordre d'exécution du chantier. Un maître d'œuvre qui lit une décomposition dans l'ordre où les équipes interviennent valide beaucoup plus vite qu'un document organisé par famille de produits.

Ensuite, chaque chapitre isole une nature de dépense homogène. Mélanger dans un même chapitre des prestations facturées au mètre carré et des prestations au forfait rend l'avancement difficile à déclarer, puis à justifier.

Puis les prestations annexes méritent leurs propres lignes. Protection des existants, évacuation des déchets, échafaudage, nettoyage intermédiaire : ces postes représentent une part réelle du coût et disparaissent systématiquement lorsqu'on les dilue dans les prix unitaires.

Enfin, la granularité doit rester raisonnable. Une décomposition de trois cents lignes sur un lot de dix mille euros décourage l'analyste et complique le suivi. À l'inverse, un lot important résumé en cinq lignes ne permet aucune comparaison sérieuse. Entre quinze et soixante lignes couvrent la plupart des situations courantes.

Un dernier réflexe fait gagner beaucoup de temps : conserver la décomposition de chaque affaire remise, gagnée ou perdue. Elle constitue la matière première de la bibliothèque de prix de l'entreprise, et elle permet de comparer les prix unitaires d'une consultation à l'autre, ce qui vaut toutes les grilles de prix du marché.

Questions fréquentes sur un exemple de DPGF

Quelles colonnes doit contenir une DPGF ?

Repère, désignation, unité, quantité, prix unitaire hors taxes et prix total hors taxes, avec des sous-totaux par chapitre.

Faut-il chiffrer l'installation de chantier séparément ?

C'est préférable. Un poste distinct se déclare facilement à 100 pour cent dès le début du chantier, ce qui soulage la trésorerie.

Peut-on ajouter des lignes à une trame imposée ?

Non. Une trame fournie par l'acheteur se complète telle quelle, sous peine de rendre l'offre irrégulière.

Que faire d'une quantité manifestement fausse ?

Poser une question écrite pendant la consultation. La réponse profite à tous les candidats et sécurise l'offre.

Les prix d'un exemple de DPGF sont-ils des références ?

Non. Chaque entreprise calcule ses prix à partir de son propre déboursé, de ses temps unitaires et de ses frais.

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