Bordereau des prix unitaires : rôle, structure et méthode de chiffrage
Le bordereau des prix unitaires, ou BPU, est le document qui fixe le prix de chaque unité d'ouvrage d'un marché, sans engager de quantité. L'entreprise est ensuite rémunérée sur la base des quantités réellement exécutées, multipliées par ces prix unitaires.
C'est un document redoutable à chiffrer. Contrairement à un devis forfaitaire, il engage des prix sans que l'entreprise sache combien d'unités elle réalisera, ni dans quelles conditions. Une erreur sur un prix unitaire se répète alors à chaque commande, pendant toute la durée du marché.
À quoi sert un bordereau des prix unitaires
Le BPU répond à une situation précise : le maître d'ouvrage sait quels types d'ouvrages il aura besoin de faire réaliser, mais il ignore en quelle quantité et à quel moment.
On le rencontre donc principalement sur les marchés à bons de commande et les accords-cadres : entretien d'un patrimoine immobilier, travaux de voirie, maintenance de réseaux, interventions récurrentes pour un bailleur ou une collectivité.
Le principe est simple : l'entreprise s'engage sur des prix, pas sur un volume. Chaque bon de commande déclenche ensuite une intervention, facturée au vu des quantités réellement exécutées.
BPU, DQE et DPGF : la distinction à connaître
| Document | Ce qu'il fixe | Rémunération | Marché type |
|---|---|---|---|
| Bordereau des prix unitaires | Un prix par unité d'ouvrage | Quantités réellement exécutées | Bons de commande, accord-cadre |
| Détail quantitatif estimatif | Prix du BPU appliqués à des quantités estimées | Aucune, il sert à comparer les offres | Même marché, phase d'analyse |
| Décomposition du prix global et forfaitaire | Le détail d'un prix forfaitaire | Le forfait, quelles que soient les quantités | Marché de travaux à prix global |
Le DQE mérite une attention particulière. Il ne rémunère rien, mais c'est lui qui classe les offres. Une entreprise qui positionne ses prix uniquement en fonction du DQE peut donc gagner le marché tout en perdant de l'argent, si les quantités réelles diffèrent des quantités simulées. Les différences entre ces documents sont précisées par une fiche de référence sur les annexes financières.
À retenir : sur un marché à bordereau de prix unitaires, le danger ne vient pas du prix moyen mais de la répartition. Un prix très bas sur une ligne peu simulée dans le DQE, mais très commandée en réalité, suffit à rendre un marché déficitaire pendant quatre ans.
La structure d'un bordereau des prix unitaires
- Le repère de l'ouvrage, en arborescence par famille de travaux.
- La désignation, qui doit décrire précisément l'ouvrage et ses conditions de mise en œuvre.
- L'unité de mesure retenue.
- Le prix unitaire hors taxes, en chiffres et parfois en lettres.
- Les sujétions comprises, c'est-à-dire ce que le prix inclut au-delà de l'ouvrage lui-même.
La dernière colonne est la plus importante et la plus souvent négligée. Elle précise si le prix comprend les déplacements, les protections, l'évacuation des déchets, le travail en site occupé ou les interventions hors horaires habituels. Sans cette information, deux entreprises chiffrent deux choses différentes.
Comment chiffrer un BPU sans se piéger
- D'abord, lisez les sujétions ligne par ligne, et chiffrez l'ouvrage dans ses conditions réelles d'exécution.
- Ensuite, intégrez le temps de déplacement et d'installation dans chaque prix, puisqu'aucun poste d'installation n'est prévu.
- Puis tenez compte du caractère fractionné des interventions : une heure de pose sur un chantier mobilise souvent une demi-journée.
- Également, repérez les lignes que le DQE sous-pondère par rapport à la réalité du patrimoine concerné.
- Enfin, vérifiez les quantités minimales et maximales prévues, ainsi que la durée du marché et ses reconductions.
Le deuxième point explique l'essentiel des déconvenues. Sur un marché forfaitaire, l'installation de chantier fait l'objet d'un poste dédié. Sur un BPU, elle doit être répartie dans les prix unitaires, ce qui suppose de connaître la taille moyenne des commandes.

La vie du BPU pendant le marché
Une fois le marché notifié, le bordereau devient la grille tarifaire de référence pour chaque bon de commande. Trois mécanismes rythment ensuite son application.
La révision de prix, d'abord. Sur un marché pluriannuel, les prix unitaires s'actualisent selon la formule prévue au marché, à partir d'index officiels. Ce mécanisme est détaillé sur notre page formule de révision de prix BTP.
Les prix nouveaux, ensuite. Lorsqu'un ouvrage non prévu au bordereau doit être réalisé, un prix nouveau se négocie, le plus souvent par assimilation à une ligne existante. Mieux vaut formaliser cet accord avant exécution.
Le suivi des commandes, enfin. Chaque bon de commande constitue une petite affaire : quantités, délai, intervenants, facturation. Les rattacher à un chantier distinct permet de connaître la rentabilité réelle du marché, ligne par ligne.
Les erreurs fréquentes
- Chiffrer au prix du marché forfaitaire, sans intégrer le fractionnement des interventions.
- Ignorer les sujétions mentionnées dans la désignation de l'ouvrage.
- Optimiser uniquement sur les lignes pondérées par le DQE.
- Oublier que le marché peut être reconduit plusieurs années sans renégociation.
- Ne pas suivre la rentabilité par ligne de bordereau pendant l'exécution.
- Accepter des prix nouveaux oralement, sans formalisation écrite.
Le cadre général du chiffrage figure sur notre page devis BTP, la signification du sigle sur la page BPU signification, et le cas des marchés forfaitaires sur la page DPGF.
Questions fréquentes sur le bordereau des prix unitaires
Le BPU engage-t-il sur des quantités ?
Non. Il fixe des prix. La rémunération dépend des quantités réellement exécutées, dans les limites éventuellement prévues par le marché.
Quelle différence entre BPU et DQE ?
Le BPU fixe les prix. Le DQE applique ces prix à des quantités estimées par l'acheteur, uniquement pour comparer les offres.
Comment intégrer les déplacements dans un BPU ?
En les répartissant dans les prix unitaires, à partir d'une hypothèse de taille moyenne de commande, sauf si une ligne de déplacement est prévue.
Les prix d'un BPU sont-ils révisables ?
Oui lorsque le marché prévoit une clause de révision, appliquée selon une formule et des index officiels.
Que faire pour un ouvrage absent du bordereau ?
Négocier un prix nouveau, le plus souvent par assimilation à une ligne existante, et le formaliser avant exécution.
Peut-on refuser un bon de commande ?
Cela dépend des stipulations du marché. Les conditions de délai et de volume figurent dans les clauses administratives, à lire avant de s'engager.
Testez BTP PERF gratuitement
Bordereaux de prix, bons de commande et rentabilité par ligne suivis au même endroit, pendant 15 jours, sans engagement et sans carte bancaire.
Demander une démo